Editorial de Daniel Gluckstein (secrétaire national du Parti Ouvrier Indépendant)
Date : 09/01/2009
Un devoir du Mouvement Ouvrier
Informations Ouvrières n° 28 (2422) Semaine du 8 au 14 janvier 2009A l’heure où ces lignes sont écrites, douze jours d’intervention militaire israélienne à Gaza ont fait plus de 600 morts, pour la plupart des civils. Appuyé ouvertement par Bush et le président en exercice de l’Union européenne, le Tchèque Klaus, et soutenu de fait par Sarkozy, Olmert proclame que l’agression va durer encore très longtemps.
Gaza bombardée, affamée, asphyxiée… Il y a urgence à arrêter le bras meurtrier. Dès le 28 décembre, le communiqué des secrétaires nationaux du Parti ouvrier indépendant a appelé à la mobilisation pour l’arrêt immédiat de l’intervention militaire à Gaza, pour la levée du blocus, pour que soit garanti au peuple palestinien comme à tous les peuples le droit à la liberté, à la paix et à la justice !
Sur ces mots d’ordre, le Parti Ouvrier Indépendant a pris part aux manifestations organisées à Paris et dans la plupart des grandes villes de France.
Ici commence une inquiétante opération de politique « intérieure » : des responsables, et non des moindres, accréditent la thèse d’un affrontement « communautaire » aussi imminent qu’inévitable entre «Arabes» et «Juifs». Halte-là ! Danger ! Se dresser contre la menace d’anéantissement de tout un peuple, affirmer son droit à disposer, comme tous les autres peuples, de la liberté, de la justice et de la souveraineté, ce n’est pas affaire de « communautés ». Pas plus que la solidarité avec l’Espagne républicaine en 1936, avec les Juifs persécutés par les nazis pendant la guerre ou avec le peuple algérien luttant pour sa liberté contre le colonialisme français n’étaient affaire de «communautés».
C’est d’internationalisme ouvrier qu’il s’agit. Il revient au mouvement ouvrier, une fois encore, de prendre toutes ses responsabilités. C’est ce que dit la lettre adressée le 5 janvier par nos secrétaires nationaux aux partis et organisations se réclamant du mouvement ouvrier et de la démocratie (1).
Dans le communiqué du 28 décembre, les secrétaires nationaux du POI rappelaient que, pour le POI « la lutte contre la guerre est liée à la lutte contre l’exploitation ». C’est un fait que, dans le monde entier, les cercles dirigeants de la classe capitaliste poussent à la guerre, à la dislocation des nations et aux affrontements prétendument communautaires... pour mieux faire passer leurs plans anti-ouvriers.
La classe ouvrière et la jeunesse refusent et refuseront de se laisser diviser. Certes, on ne saurait assimiler la guerre de destruction contre les peuples et la « guerre » de destruction des emplois, des usines, des droits ouvriers contre les travailleurs et la jeunesse dans notre pays. Mais toutes deux plongent leurs racines dans un même terreau ; la crise de décomposition du régime capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait naguère Jean Jaurès. La lutte contre la guerre et la lutte contre l’exploitation sont l’affaire du mouvement ouvrier. L’une et l’autre mettent à l’ordre du jour son unité et son indépendance (2).
(1) Lire page 11 d’Informations Ouvrières
(2) En tournée au Proche-Orient, Sarkozy cherche à sceller l’union sacrée, comme il le fait pour ses contre-réformes en France. Comment comprendre que le porte parole du PS, Benoît Hamon, déclare « approuver » la démarche de Sarkozy, tandis que le PCF déclare que « Sarkozy doit montrer que la France est capable de choix politiques courageux » ?

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