Editorial d'Informations Ouvrières N°42
Date : 15/04/2009 Auteur : D. Gluckstein
D’où viendra l’issue ?
Les sondages prédisent une abstention massive lors de l’élection européenne du 7 juin prochain. L’Humanité s’en inquiète, tout en reconnaissant que cette abstention n’est pas étonnante, car « le non au traité constitutionnel de 2005 n’a cessé d’être bafoué ». L’éditorialiste de L’Humanité écrit : « La droite veut faire l’impasse sur ce débat. Les forces libérales (...) craignent la rencontre du mouvement social avec le scrutin de juin. Le mouvement social, ou plus exactement les mouvements sociaux, les millions de manifestants de janvier et de mars »1.
Que faut-il comprendre? Les millions de travailleurs et de jeunes qui ont fait grève et manifesté avec leurs organisations syndicales, les 29 janvier et 19 mars, pourraient trouver satisfaction… dans l’élection européenne du 7 juin?
Faut-il le rappeler: les travailleurs se sont mobilisés sur le terrain de la lutte de classe pour des revendications précises. Au premier rang de ces revendications : l’arrêt des plans de licenciements et de suppressions d’emplois, l’augmentation générale des salaires (les 200 euros pour tous venus de la Guadeloupe!). Ils continuent de le faire aujourd’hui dans des assemblées générales ancrées sur des revendications précises (lire page 7).
Quelle issue pour ce mouvement? L’élection européenne?
Tout parti est libre de se présenter ou pas. Pour sa part, le Parti ouvrier indépendant estime que les conditions ne sont pas réunies pour qu’une telle candidature ait un sens. On peut avoir un autre point de vue. Mais quel travailleur de Continental, de Caterpillar, de Total, etc., peut croire que son vote — dans le cadre d’institutions ficelées par les traités de Maastricht-Amster dam, qui interdisent toute prise en compte des besoins ouvriers — permettra de faire aboutir les revendications, et en particulier d’empêcher les licenciements? Aucun!
Alors, d’où viendra l’issue ? Aucun travailleur ne considère que les manifestations convoquées le 1er Mai, jour férié, sans action sur le terrain de la lutte de classe, permettront de faire reculer le gouvernement.
Alors? S’il s’agit de l’emporter sur les revendications et de faire reculer les plans meurtriers du gouvernement aux ordres de l’Union européenne, c’est l’action de classe unie qui est à l’ordre du jour. C’est, dans chaque secteur, les assemblées générales sur les revendications précises; et c’est le mouvement d’en semble, l’action commune de tous les secteurs de la classe ouvrière le même jour sur le terrain de classe, de la grève et des manifestations, pour bloquer la politique du gouvernement et du patronat.
Quels que soient les choix des uns et des autres en matière électorale, ou leur point de vue sur l’Union européenne, n’est-ce pas là pourtant le devoir de tous?
Tel est le but de la conférence nationale de délégués, à laquelle participeront des militants ouvriers de toutes tendances, les 15 et 16 mai, à Paris.
- 1 Dans le même numéro de L’Humanité (14 avril), Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, s’acharne à démontrer que « le Parlement européen possède un réel pouvoir, il est même en capacité de bloquer les directives européennes ». On lira page 14 ce qu’il en est.

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