« Le Pire des Choix...» selon Monsieur Kern.

Pour Bertrand Kern, 60% des pantinois ont fait, en s’abstenant dimanche 14 mars « le pire des choix ». Dans certains bureaux de vote, notamment dans le quartier des Quatre-Chemins, l’abstention représente plus de 70% des électeurs inscrits. Le « pire des choix » sera à nouveau majoritaire à Pantin le 21 mars (un sondage national confirme la même tendance : 69% des ouvriers et 64% des employés se sont abstenus le 14 mars, ainsi que 72 % des électeurs de 18 à 34 ans. Un vote de classe qui en rappelle un autre : le 29 mai 2005, 79 % des ouvriers et 67 % des employés avaient voté non au traité constitutionnel et à l’Union européenne).

La longue liste des réalisations locales permises par les fonds du conseil régional (rénovation du ciné 104, construction d’un CMS aux Courtilières, rénovation du lycée Berthelot...) n’auront pas convaincu la majorité des pantinois d’aller voter. Pourquoi ? Indifférence ou ras le bol ?

Le désengagement financier de l’État, fruit de la décentralisation activement mise en œuvre par tous les gouvernements de la Vème République (avec une accélération depuis 1981) a reporté sur les régions et les départements une multitude de compétences et de responsabilités traditionnellement gérées par l’État, sur la base d’une péréquation nationale.

On nous présente aujourd’hui comme des faits exceptionnels des financements (qui trouvent leur source dans nos impôts) régionaux, et donc il faudrait soutenir les élus de cette région qui pour nous dépensent sans compter.

S’il n’est pas question ici de passer au crible de la critique la totalité des appels à voter municipaux, notons que celui de M. Kern se termine par un appel à voter PS en 2012. Citation : « Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy et les chefs d’États ont évité la banqueroute des banques. Mais aujourd’hui, qu’est ce qui a changé ? Rien ? Les mêmes recommencent à engranger les profits, les autres voient le chômage les frapper, le pouvoir d’achat diminuer, les services publics nationaux mis en cause. C’est cette politique qu devra changer le moment venu ».

450 milliards d’euros : c’est le coût, supporté par tous les peuples d’Europe pour éviter la banqueroute des banques. Il n’y a pas eu un élu socialiste pour exiger un plan de nationalisation des banques sans indemnités pour les spéculateurs. Comment pouvait-on croire que les gentils banquiers, une fois renfloués deviendraient proches de leurs clients qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois ? Et que dire de la dette municipale ? Quelle hypocrisie ! Monsieur Kern parle ensuite de ceux qui « voient le chômage les frapper »... il parle sans doute des agents contractuels de la ville de Pantin, de tous ces professionnels qualifiés pour servir le public, auxquels on ne renouvelle pas les contrats (tout comme ces 400 agents contractuels du Conseil Général menacés de licenciements). Monsieur Kern nous parle de la mise en cause des « services publics nationaux ». Voilà qui est malin... cela évite de parler de la liquidation des services publics municipaux et territoriaux qui va être engagée dans le cadre de l’Intercommunalité et des mutualisations de service, pour le plus grand profit de la BNP, Bouygues, Véolia, et autres Dexia...

...L’Intercommunalité, qui n’est rien d’autre que le cadre territorial de la mise en concurrence des services publics commence à montrer son vrai visage : regroupement de CMS avec réduction du personnel, augmentation des impôts locaux, comme à Montreuil...

Retraites, licenciements, défense de nos droits...

N’attendons pas 2012 pour prendre parti. Rejoignez le P.O. I. !

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