Logement social
Logement social : comme chaque année, le 15 mars sonne la reprise des expulsions locatives. En Seine Saint Denis, les expulsions, en augmentation de 29% en 2010 par rapport à 2009 devraient à nouveau atteindre un record cette année. Des milliers de familles confrontées à des difficultés financières dont elles ne peuvent sortir sont menacées. Alors que l'on nous parle d'accession "sociale" à la propriété, il est de plus en plus difficile pour une majorité des familles du département de boucler les fins de mois. Pendant ce temps là, banquiers et spéculateurs s'en mettent plein le poches et profitent directement des augmentations vertigineuses des coûts de l'immobilier. Pour des centaines de milliers de familles, se loger rime avec s'endetter. Dans un État qui gouverne pour les intérêts des banquiers, est ce surprenant ?
En Seine Saint Denis aujourd'hui, il y a plus de 55 000 demandeurs de logement. Entre 2000 et 2007, la construction de 44 737 logements nouveaux a été commencée alors que l'on recense dans la même période 48 517 ménages supplémentaires. La pénurie est organisée pour le compte des bailleurs privés, qui peuvent ainsi augmenter leurs loyers, les familles n'ayant d'autre choix que de payer au prix du marché.
Les expulsions locatives fonctionnent selon un mécanisme honteux où l'État, les bailleurs et les collectivités se renvoient la responsabilité. D'un stricte point de vue légal, la quasi totalité des expulsions pourraient être évitées par une prise en charge sociale des locataires en difficulté. Mais plutôt que de consacrer du temps et de l'argent à permettre l'apurement des dettes, les bailleurs préfèrent demander directement l'expulsion. A partir du moment où le juge prononce l'expulsion, l'État (le préfet en l'occurrence) s'engage à rembourser au bailleur les loyers non payés (qu'il fera en sorte de récupérer par la suite auprès du locataire en difficulté par l'intermédiaire des impôts).
Alors que l'on nous parle de "mixité", de "politique de la ville", de "rénovation urbaine" depuis des années, les besoins demeurent criants, les loyers augmentent tous les ans, l'endettement et la précarité des familles s'approfondissent. Depuis 30 ans, tous gouvernements confondus, l'État se désengage financièrement du logement social (le terme "habitation à loyer modéré" a totalement disparu du vocabulaire officiel). L'issue se trouverait dans l'accession à la propriété où les traites sont bien plus élevées que le montant d'un loyer HLM (sans compter le paiement des actes, des taxes qui aggravent les efforts des familles). L'enjeu financier est tel qu'il n'y a sous le régime capitaliste aucune volonté de résoudre la question du logement pour l'immense majorité de la population. Pourquoi baisser les prix lorsque, face à une demande qui est constante, les salariés à la recherche d'un logement sont prêts aux plus grands sacrifices.
Alors qu'il y a de moins en moins d'argent pour construire des logements sociaux de type HLM, l'"accession sociale à la propriété" devient à la mode, tout comme la mobilité dans le parc social, à travers laquelle on cherche à exclure des HLM (via le surloyer) les locataires les plus solvables.Les besoins sont immenses... et le gouvernement vient de décider une ponction de 1,5 milliard d'euros sur les fonds d'épargne centralisés par la Caisse des dépôts (qui devraient servir à construire des logements) pour financer les PME et l'innovation !
Depuis l'adoption de la loi SRU, dite loi Gayssot, le logement social en France est devenu, conformément aux directives de l'Union Européenne, un "service d'intérêt général", celui ci pouvant être assumé par des opérateurs privés donc régit par les lois du marché. Le logement social, comme les services publics, doit répondre aux besoins de l'immense majorité de la population. La rentabilité est incompatible avec un tel objectif. Le POI quant à lui considère que le réengagement financier de l'Etat à hauteur des besoins est la priorité. Il n'y a pas d'autre solution démocratique et sociale à la crise du logement. Non aux expulsions, non aux augmentations de loyers, construction massive de HLM pour ceux qui en ont besoin !
Qu'est ce que... la CGLLS ?
La "Caisse de Garantie du Logement Locatif Social" est un organisme
administratif et financier placé sous le contrôle du ministre du logement et
du ministre de l'économie et des finances. Son rôle est de favoriser la
"réorganisation des Offices HLM" en difficultés financières. Comme le fait
le FMI en direction des Etats, la CGLLS accorde des prêts sous conditions :
un accord passe généralement par une augmentation des loyers, des
réorganisations internes, notamment des diminutions d''effectifs, voire des
plans de fusion d'organismes. Clairement, alors qu'il est avéré que le
désengagement financier de l'État est la principale cause de la "crise du
logement", la CGLLS fait reporter sur les locataires et les agents des OPH
les "efforts" de redressement. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un
organisme de démantèlement du logement social public et à loyers modérés, et
qui fonctionne sur la méthode des privatisations et de la dérèglementation.
A Pantin, c'est un Conseil municipal unanime qui a adopté l'accord passé
entre la CGLLS et l'office de Pantin Habitat menacé de banqueroute.
Responsables les locataires ?
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