Témoignage d’un enseignant dans un collège de Pantin.

16000 Suppressions de postes d'enseignants à la rentrée,
licenciements de personnels précaires :
la réduction des déficits se fait au quotidien contre la population et la jeunesse

Témoignage d’un enseignant dans un collège de Pantin.

Dans mon collège nous perdons 63,5 heures de cours à la rentrée de septembre : deux classes de 6° seront supprimées, les troisièmes seront surchargées… La direction refuse de renouveler le contrat d'une surveillante (assistante d'éducation) : après avoir été utilisée à de nombreuses et diverses tâches au collège, avec l'angoisse de la fin de contrat chaque année, à 50 ans, elle est jetée au chômage. Elle ne serait plus en « adéquation » avec le « projet vie scolaire ».

Avec l'autonomie renforcée des établissements, ce sont les méthodes et le langage du privé, des DRH que l’administration utilise pour casser les travailleurs. Face à la mobilisation des collègues la direction refuse de s'expliquer et de revenir sur sa décision : c'est « le fait du prince », en application du véritable plan social qui frappe de nombreux AED comme elle.

Lors des derniers conseils de classe, la direction, en application des suppressions d'heures, refuse aux élèves de 3° en difficulté le droit de redoubler au collège faute de place. Il devront aller voir ailleurs mais que deviendront-ils si tous les établissements font la même chose ?

Et faute de place, la direction a également fait passer des élèves en difficulté malgré l'avis du conseil de classe. On a même vu la direction écrire sur des bulletins « admis en classe supérieure ; un redoublement serait inutile » !

Pour un enseignant, traiter ainsi son travail et ses élèves, c'est révoltant : c'est la jeunesse qu'on abandonne à la précarité et au chômage.

Tout cela est enrobé d'un verbiage pédagogique sur l'utilité ou non d'un redoublement sur des dispositifs individualisés : mais qui crée « l'échec scolaire » si ce n'est cette politique de destruction de l'école et de la jeunesse ?

La vérité, c'est un recteur qui l'a lâchée à une délégation d'enseignants et de parents venus réclamer le maintien des heures et des postes : un redoublement c'est trop cher !

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