Témoignage d’une salariée de l’ARS d’Île de France (Agence Régionale de Santé).
Tous les partis accrochés aux institutions s’accordent pour dire qu’il faut
maîtriser les dépenses et qu’il faut réduire les déficits publics, notamment
ceux des hôpitaux. Mais ces déficits sont créés par les exonérations fiscales et
sociales.
Le déficit des hôpitaux a été créé par toutes les réformes qui existent depuis
une trentaine d’années (tous gouvernements confondus), à commencer par la
réforme de la dotation globale (1983) qui fonctionnait avec un objectif de
dépenses à ne pas dépasser.(…)
Les hôpitaux subissent aussi déjà depuis des années des coupes sombres dans leur budget (« économies Assurance maladie », « constitution de marges régionales »).
Ces coupes correspondent à des ponctions définitives opérées sur leur base budgétaire pour constituer des enveloppes régionales. En gros, ce sont les hôpitaux qui financent eux-mêmes les nouvelles mesures. C’est comme si un salarié perdait définitivement 200 € sur son salaire de 1 200 € parce que le patron aura décidé qu'à partir de ce moment, la différence de 200 € serait versée en primes non pérennes au regard d'indicateurs d'activité.
Les établissements de santé publics
deviennent de plus en plus vétustes...
… et doivent financer eux-mêmes
le renouvellement des équipements.
Il doivent réaliser des économies sur les dépenses de fonctionnement, afin
de générer une capacité d'autofinancement destinée à l'investissement. Mais
comme cela ne suffit pas, ils puisent sur leurs fonds propres ou s'endettent...
auprès des banques, pour financer la construction d'un immeuble, la mise aux
normes de sécurité ou bien encore les équipements de l'imagerie ou de
radiothérapie.
Ils ne sont pas plus aidés par les crédits Hôpital 2007 ou Hôpital 2012,
qui ne sont pas des subventions mais des compensations aux frais financiers des
emprunts. Ainsi, la Sécurité sociale finance les frais financiers imposés par
les banques aux hôpitaux !
La mise en œuvre de l’ARS (Agence Régionale de Santé créée par la loi
Bachelot), dirigée en Ile de France par le socialiste Evin, n’a d’autre sens que
d’imposer encore et toujours plus d’économies aux hôpitaux, en fermant des
services entiers !
La reconquête de notre droit aux soins —qui est une question de
civilisation — implique l’abrogation de la loi Bachelot, le réengagement
financier massif de l’État dans le domaine de la santé, la réouverture de tous
les services supprimés.
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