Six jeunes gens sont morts mardi 28 septembre 2011 à Pantin,victimes de l’exploitation et de la misère
Six jeunes gens, âgés de moins de trente ans, sont morts dans l’incendie qui a ravagé les misérables pièces qu’un profiteur de misère leur louait en toute illégalité, au mépris des règles les plus élémentaires d’hygiène, de sécurité et de dignité.
Parmi leurs compagnons d’infortune rescapés (plusieurs d’entre eux sont blessés, parfois gravement), parmi la population de Pantin, c’est l’émotion et la colère.
Emotion, pour ces jeunes hommes qui cherchaient, en s’arrachant à leur terre et à leur famille, à se construire un avenir. Colère, car ce drame n’est pas le produit de la fatalité.
Comme des milliers d’autres jeunes, ils ont été chassés de leur pays par la misère, provoquée par des décennies de dictature et de corruption, par des régimes qui ont privatisé les entreprises nationales, enchaînant la jeunesse et les travailleurs de Tunisie et d’Egypte à l’exploitation capitaliste, au bénéfice des entreprises et multinationales, essentiellement européennes.
Chassés également par la guerre, que le gouvernement français – avec l’accord unanime de l’Assemblée nationale – vient de porter au cœur du Maghreb, menaçant la révolution tunisienne, mais aussi le profond mouvement révolutionnaire en Egypte et tous les peuples de la région.
L’Union européenne et les gouvernements prétendent vouloir « aider la transition démocratique », à l’œuvre selon eux en Tunisie et en Egypte. L’OTAN (qui bombarde la population de Libye depuis plus de six mois) vient de déclarer la même chose, par la voix de l’un de ses représentants…
Il s’agit pour eux, institutions au service de l’impérialisme et des multinationales, d’imposer de nouveaux traités économiques et militaires aux peuples qui les ont condamnés et évincés du pouvoir direct. Non seulement l’impérialisme cherche à rétablir et renforcer les conditions de son profit, en organisant dans tous les pays le chômage, les privatisations et les salaires de misère ; il veut en plus enfermer les peuples et la jeunesse.
Quand le ministre de l’Intérieur condamne « les réseaux de l’immigration clandestine », il fait mine de s’indigner de l’activité de profiteurs, que la politique de tous les gouvernements, en France, alimente depuis des dizaines d’années.
L’Union européenne, l’espace Schengen, les lois françaises interdisant la libre installation et le regroupement familial, les centres de rétention et les « objectifs de reconduites à la frontière » : autant de machines à engraisser les marchands de sommeil, les filières de toutes sortes.
C’est un fait : partout manquent les centres d’hébergement, les structures de soins, de soutien.
Obnubilés par le « désendettement », pour garder la note AAA de l’Etat, celle du département ou de la ville, les responsables orientent une part de plus en plus importante du budget vers le « remboursement », augmentent les impôts, et tranchent dans les budgets de l’aide sociale, de la santé et de la solidarité (par exemple, supprimant les subventions aux cartes de transports).
Dans le 93, le budget de l’Aide sociale à l’enfance ne permet déjà pas la prise en charge de tous les jeunes et les familles qui en ont besoin ; les structures étouffent, en plus, sous les besoins des milliers de « mineurs isolés étrangers » qui s’échouent dans le département, que l’Etat rejette et qui restent sans aide et sans espoir… à la merci des marchands de sommeil, des profiteurs de toutes sortes…
Misère, guerre et barbarie : tels sont les produits de la soumission à l’Union européenne, aux institutions et aux exigences de l’impérialisme, à la recherche du profit capitaliste.
Pantin, le 30 septembre 2011
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