La mise en place de la Communauté d’Agglomération Est Ensemble commence à prendre forme... Sont regroupées dans un premier temps les « compétences » culturelles et sportives des différentes communes concernées. L’enlèvement des ordures ménagères suivra rapidement. Les impôts liés à l’interco ne cesseront d’augmenter, les « partenariats Public-Privés » se généralisent dans le département, au profit des constructeurs et des banques et au détriment des services publics et des usagers... Ce n’est pas la crise pour tout le monde.
La transformation en cours de l’administration territoriale, la mise en concurrence des services publics avec le privé (préalable à la privatisation de tous les services considérés comme rentables) impliquent de nouveaux modes d’organisation des services, la flexibilité, l’individualisation. On demande de plus en plus aux agents de gérer la pénurie, on les culpabilise. Pour ce faire, les normes, statuts, classifications, fondements des droits égaux, doivent disparaître.
La mairie de Pantin, pointe avancée dans la déréglementation (présidence de l’interco oblige ?), vient ainsi d’adopter une révision générale du personnel pantinois (une RGPP locale en quelque sorte), dont l’objectif essentiel est d’en finir avec les 35 heures et de diminuer le coût du travail dans le cadre du passage à l’intercommunalité...
... Nous avons interrogé des agents municipaux. Les commentaires sont ceux des membres du POI qui ont participé à cette enquête.
J'ai rencontré dernièrement des employés de la municipalité qui m'ont fait
part de leur désarroi, de leurs inquiétudes et de leur incompréhension face à la
demande du Maire de remplir un formulaire qui semble leur proposer un choix
(sans aucune explication claire sur les conséquences concernant leurs conditions
de travail et sur le fonctionnement du service public) : abandonner les 35h pour
37h30 avec une prime à la clef (720 € bruts) pour effectuer leur service en 4
jours, ce qui s'avère impossible au vu des effectifs dans la plupart des
services, ou conserver les 35h sans prime (peut-être d'autres moyens de
pressions ?)...
- « Je suis cadre à la mairie, pour nous il n’y avait que deux choix possibles,
mais surtout pas le maintien des 35 heures. Je crois savoir que 50% des cadres
de la ville ont décidé de ne pas rendre le questionnaire. »
- « Ils préfèrent nous envoyer en formation de coaching, pour supporter le
stress mais on n’a pas les moyens de faire tourner les services correctement.
»
- « C’est vrai chez les cadres, mais chez les agents d’exécution, dans certains
services, ceux qui ont choisi les 35 heures ont subi des pressions pour se
désister ! ».
- « Selon une syndicaliste de la ville, la prime de 720 euros, évidemment
intéressante pour les agents, n’est rien d’autre qu’un appât pour faire passer
la réorganisation du temps de travail et des services ».
- « Pour faire passer ce plan de restructuration du temps de travail, la mairie
a dégagé une enveloppe de 2 millions d’euros. Donc de l’argent il y en a, mais
pour faire pression sur nous ! Lorsque les agents auront empoché leur prime
exceptionnelle, ils seront encore plus asservis que jamais auparavant par des
conditions de travail dégradées. »
Au conseil Municipal du 20 octobre, l’élue au personnel se félicitait du bon
dialogue social qui existe à la mairie, énumérant le nombre important de
réunions avec les représentants du personnel. Le « dialogue social », c’est ce
qui a permis à Fillon de faire passer sa loi sur les retraites l’an passé. Le «
dialogue social », c’est cause toujours, tu m’intéresses. En général, on
dialogue au mieux pour parvenir à un consensus, à une position commune. Dans le
« dialogue social » l’employeur écoute sagement les désaccords, taxe «
d’irresponsables », les revendications qui ne lui plaisent pas et en définitive
fait ce qu’il veut.
- « C’est clair, contre le Sarkozy national ou notre Sarkozy rose local, il n’y
a que la lutte et le rapport de force construit sur la base des revendications
qui peut nous permettre d’obtenir satisfaction.»
Pour le POI, la défense des services publics et celle de la démocratie communale sont totalement liées à la défense du statut, et des conditions de travail des agent chargés de les mettre en œuvre en direction des usagers !
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